Banque : Sommes-nous proches d’une taxation systématique des dépôts ?

Banque : Sommes-nous proches d’une taxation systématique des dépôts ?

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Le doute s’installe depuis quelques mois. Pour répondre aux taux très bas des différentes banques centrales, les banques commerciales cherchent de nouvelles alternatives. Parmi celles-ci, la taxation des dépôts pour les particuliers. Malgré que la pratique soit encore très largement minoritaire et concernait jusqu’ici surtout les clients les plus fortunés et les clients professionnels, elle pourrait devenir la norme dans les prochaines années.

Comment expliquer la taxation des dépôts ?

Payer pour épargner ? Sur le moment, cette hypothèse pourrait laisser songeur un grand nombre d’épargnants ou d’investisseurs. Malheureusement aujourd’hui, la problématique de la taxation des dépôts se pose de plus en plus pour des banques pénalisées par les taux négatifs pratiqués par la banque centrale européenne ou par leurs banques centrales nationales. Depuis 2014, les banques centrales facturent des frais pour les banques commerciales qui déposent des liquidités dans leurs coffres. Ces mesures ont pour objectif d’encourager les banques à accorder des prêts bancaires, que ce soit à l’attention des ménages mais également à celle des entreprises.

Par exemple : Sur l’année 2018, les banques centrales de la zone euro ont versé environ 8 milliards d’euros d’intérêts négatifs à la BCE (Banque Centrale Européenne).

Une situation qui est aujourd’hui plus que visible dans des pays comme l’Allemagne, la Suisse ou encore au Danemark. En Allemagne par exemple, près de 50% des banques pratiqueraient déjà ces taxations pour leurs clients professionnels. Si les taux pratiqués par la BCE ou les banques centrales nationales constituent la principale explication, il ne s’agit pas de la seule raison attestée. Via ceci, les banques chercheraient aussi à financer de nouveaux services. Notamment avec une digitalisation toujours plus importante de leur offre.

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Vers un élargissement au grand public ?

Encore en 2020, le phénomène était relativement marginal et semblait alors se tourner en majorité vers le public professionnel. Mais il semblerait aujourd’hui que le vent ait tourné. C’est en tout cas ce que laisse à penser l’initiative de banques comme N26 ou encore Revolut qui taxent désormais les dépôts de nouveaux clients particuliers pour des montants supérieurs à 50 000 euros. De ce fait, chaque compte ouvert présentant un solde supérieur à 50 000 euros est dorénavant taxé à hauteur de 0,5 % pour chaque euro qui dépasse ce plafond. Une initiative qui avait fait parler d’elle, lorsque l’on sait que la néo-banque compte aujourd’hui près de 7 millions de clients à travers le monde.

Plus récemment, la banque danoise Danske Bank a également annoncé qu’à partir du 1er juillet 2021, elle pratiquerait elle aussi une taxation des dépôts d’un montant supérieur à 13 500 euros. Celle-ci serait alors de 0,6 % pour les particuliers et de 1 % pour les professionnels. Dans le pays, quelques banques pratiquent déjà la taxation de dépôts supérieurs à 30 000 euros. Il est loin le temps des premières taxations qui s’appliquaient parfois à des dépôts supérieurs au million d’euros. Cette situation inquiète, le gouvernement danois a fait connaître son mécontentement, par l’intermédiaire de son ministre du Commerce, Simon Kollerup. Ailleurs en Europe, les banques pourraient aussi être tentées d’abaisser leur seuil de taxation plus rapidement.

Malgré que le phénomène semble se généraliser, c’est avant tout la diminution rapide des plafonds qui interroge. Au point de taxer les dépôts dès le premier euro dans un futur proche ? La question mérite d’être soulevée.

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Faut-il prévoir une hausse des tarifs bancaires ?

Selon l’avis de certains observateurs, la taxation des dépôts ne pourrait être que l’un des rouages de l’augmentation des tarifs bancaires.

Comme le révèle le comparateur de banques Panorabanquesles frais bancaires devraient augmenter d’environ 0,6 % en 2021. Soit la hausse la plus élevée depuis 2017. Pour comparer, entre 2019 et 2020, les frais bancaires avaient augmenté de seulement 0,2 %. Soit trois fois moins. Pour l’instant, cette taxation des dépôts devrait jouer un rôle infime dans l’estimation des frais bancaires annuels par français.

Cependant, si comme le suggère le gouvernement dannois les mesures venaient à se généraliser au grand public avec des plafonds de plus en plus bas, l’impact risque d’être plus important. Pour rappel, une étude de 2019 mettait en avant que les français détenaient en moyenne près de 44 000 euros d’épargne. Une situation encore accentuée par la crise sanitaire et les mois de collectes records pour le Livret A. Une taxation des comptes épargne au-delà de 10 000 ou 15 000 euros aurait donc un impact considérable sur un très grand nombre d’épargnants.