La Finance durable : Entre serment et désenchantement

La Finance durable : Entre serment et désenchantement

finance durable

 Nous nous efforcerons ici de vous présenter cette notion, entre les serments et les désenchantements qu’elle peut créer. Avant toute autre chose, la finance durable a pour but majeur de répondre à ces besoins : permettre une continuité du développement économique avec une utilisation plus raisonnée des ressources. Alors que faut-il savoir ? Et pourquoi miser sur la finance durable ?

Qu’est-ce-que la finance durable ?

La finance durable est une finance éthique qui se définit comme l’ensemble des pratiques de financement auxquelles sont intégrées les préoccupations socio-environnementales. La finance durable est donc un moyen de transformer l’économie en une économie durable au-travers de trois grandes actions : l’Investissement Socialement Responsable, la finance solidaire et le micro-crédit.

Source : https://www.amf-france.org/fr/actualites-publications/dossiers-thematiques/finance-durable

L’investissement socialement responsable (ISR):

Il vous permet d’investir dans des fonds qui prennent en compte, en plus des critères financiers, des critères extra-financiers de type ESG (Environnementaux, Sociaux, et de Gouvernance). Les actifs gérés de manière responsable par le fonds vont généralement concerner les actions et obligations cotées mais aussi, selon des modalités spécifiques, l’immobilier ou le capital investissement.

Vous participez au financement d’entreprises et d’entités publiques contribuant au développement durable quels que soient leurs secteurs d’activité. Ce type de placements allie performance économique et impact social et environnemental.

Source : https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/comprendre-les-produits-financiers/finance-durable/comprendre-linvestissement-socialement-responsable-isr

C’est un « outil » dont l’objectif premier est le développement économique et social. Contrairement à la finance pure, elle cherche à créer de la rentabilité sur le long terme et non à court terme. 

Quels sont les critères qu’il est important de retenir et qui permettent d’analyser et d’évaluer la prise en compte du développement durable par les entreprises ?

Les critères ESG, par exemple :

  • Les variables (E)nvironnementales : le degré de consommation énergétique, la teneur des émissions en CO2 ou encore le recyclage des déchets
  • Des critères (S)ociaux :  la qualité du dialogue social ou encore l’emploi de personnes handicapées
  • Les critères de (G)ouvernance : transparence des informations, concernant par exemple la rémunération des dirigeants, féminisation de l’entreprise en particulier sur les postes à responsabilité ou encore lutte contre la corruption.

Grace à ces indicateurs, on peut donc quantifier l’investissement dans une entreprise en fonction du respect de ces différents critères. On remarque également que la finance durable ne se limite pas seulement au respect de l’environnement. Investir en bourse ou dans d’autres secteurs comme la terre ou le bio peut aussi se faire selon des critères de durabilité.

Donner du bon sens à la finance ?

Aujourd’hui, au niveau mondial, on estime que seulement 10 % des financements de projets sont dus à la finance durable. C’est encore un taux trop faible pour prétendre que ce modèle va pouvoir renverser l’actuel.

L’Europe est le premier émetteur mondial d’obligations dîtes vertes. l’Union Européenne a récemment communiqué  sur son futur plan de relance “Next Generation” qui sera financé à 30 % par l’émission d’obligations vertes. Ce pourcentage représente environ 250 milliards d’euros. Contrairement aux grandes puissances économiques mondiales comme les Etats-Unis ou la Chine, l’UE est un pôle avec de fortes externalités négatives sur le climat.     

  Source : https://ec.europa.eu/info/strategy/recovery-plan-europe_fr

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Quel est le rôle des acteurs financiers ?

De nombreux observateurs estiment que depuis les années 1980-1990 le modèle financier semble être déconnecté de la réalité. Notamment par une recherche importante de la rentabilité à court terme sous fond de politique du chiffre.

Oxfam affirme que depuis la signature de la COP 21 (Accord de Paris), la part du financement d’énergies fossiles par les banques françaises a malheureusement augmenté. Ces dernières ont même eu tendance à se retirer de financements d’énergies renouvelables, au profit d’énergies fossiles. Il semble que nous sommes encore loin d’avoir emprunté le chemin de la durabilité.

A l’heure actuelle, pour 10 euros investis en banque, la répartition de l’investissement serait le suivant :

  • 7 euros pour les énergies fossiles
  • 2 euros pour les énergies renouvelables
  • 1 euro pour l’investissement dans le secteur du nucléaire

Ce qui démontre qu’un grand nombre d’acteurs financiers semblent passés outre leurs engagements. Mais l’on peut compter sur les banques publiques d’investissement comme BPI France. En 2017, elle a créé un fond d’investissement afin d’aider au développement de PME et TPE œuvraient vers la transition énergétique et le développement durable.

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Le contrôle des mots, pour une communication plus juste …

La communication peut représenter un danger de la finance durable. On observe souvent l’amalgame entre le financement de l’économie réelle et la thématique d’un investissement durable.

l’AMF (autorité des marchés financiers) encadre depuis peu la communication des fonds d’investissement. Elle contrôle le vocabulaire utilisé par les différents fonds d’investissement. L’emploi de termes comme “éthique” ou “durable” qui ne traduisent dans le fond aucune réalité du terrain, nécessitent un encadrement plus rigoureux.

Désormais, un fond sera apte à communiquer sur des sujets et thèmes comme la transition écologique uniquement s’il investit plus de 75 % de son portefeuille dans des obligations vertes.

 Le ratio risque / opportunité ne doit plus être seulement observé et étudié sur le seul appât du gain à court terme mais bien sur le long terme. Il faudra par exemple, se concerter sur la pertinence d’une rentabilité qui profite à tous. Afin d’atteindre une certaine durabilité il faudra donc mobiliser le grand public ainsi que les acteurs du financement. Serons-nous capables de relever ce défi de taille ?