Immobilier : L’explosion des prix des matières doit -elle repousser votre projet ?

Immobilier : L’explosion des prix des matières doit -elle repousser votre projet ?

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La pénurie et la forte hausse des prix des matériaux (bois, acier, PVC…) frappent de plein fouet le secteur du bâtiment. La question est, faut-il attendre avant de faire des travaux ou avant de lancer un projet de construction ? Ou bien totalement foncer afin d’éviter de nouvelles augmentations ?

C’est un effet collatéral de la sortie de crise de la pandémie : les prix de certaines matières comme le bois, l’aluminium ou encore l’acier flambent depuis ce début 2021. Avec la reprise en Chine, puis aux États-Unis et en Europe, la demande est en constante hausse et l’offre a du mal à suivre avec des répercussions concrètes chez nous pour les entreprises du secteur du bâtiment, et bien sûr en bout de chaîne pour les particuliers.

Selon la FFB (Fédération française du bâtiment) les remontées du terrain confirment cet emballement avec des annonces de hausses régulièrement à +30%, voire plus encore, pour une gamme de plus en plus large de produits bâtiment.

Quelles sont les causes de cette situation ?

Les raisons de ces hausses sont multiples. La baisse du dollar en fait partie. Le dollar est en effet la référence internationale en matière de prix des matières premières. Sa baisse entraîne donc souvent une hausse des prix des matières premières. Et inversement.

Autre point, Le blocage du canal de Suez pendant six jours fin mars, n’a fait que désorganiser un peu plus le commerce mondial, assuré à plus de 80 % par la voie maritime. On assiste à un décalage temporel entre la reprise de la demande et l’offre qui ne suit pas. La Chine qui a « redémarrée » avant le reste du monde consomme la moitié des matières premières du monde. La transition écologique crée également une forte demande notamment pour la production des batteries destinées au voitures électriques. Au final, la demande explose mais l’offre ne suit pas.

 Y-a-t ’il une conséquence sur les devis signés ?

Les particuliers qui ont signé des devis pour réaliser des travaux ou fait construire leur maison doivent prévoir des délais supplémentaires pour que leur projet soit mené à bien. Le président de la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, Thierry Gesset-Parment l’a récemment confirmé. Il explique que sur certains chantiers, le délai de fourniture des matériaux vient de passer de 4 semaines en temps ordinaire à 8 semaines.

 Le courtier illiCO travaux à Strasbourg tire également sur la sonnette d’alarme : « Pour obtenir des menuiseries extérieures, l’attente passe de 6 semaines à 12 semaines. Et encore, nous avons la chance d’être proche de l’Allemagne, ce qui permet d’avoir d’autres sources d’approvisionnement », explique Nicola Pomilio, le responsable de l’agence locale. Difficile cependant de tabler sur un délai moyen de retard. « C’est un peu la grande loterie », lâche-t-on du côté de la FFB. Il faut donc prendre son mal en patience. Mais quel impact sur la facture finale ? « Une fois que le devis est signé, on ne va pas le revoir à la hausse. Commercialement, c’est compliqué », rassure Nicola Pomilio.

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Quel impact à prévoir sur les futurs devis ?

La situation est très différente pour ceux qui n’ont pas encore « topé » avec les artisans. Là, il va être très difficile de couper à des hausses, en plus des retards. Pour la construction d’un pavillon, il faut s’attendre à un budget global en hausse de 6 à 7%, calcule la FFB. Un bien acheté via un promoteur, même si celui-ci pourra rogner sur la marge du foncier, aura du mal aussi à échapper à une augmentation. Mi-avril, la Capeb (la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) estimait que cette situation pourrait aussi être dommageable pour certaines catégories de travaux aidés dans le cadre de MaPrimeRénov .Dans le cadre où cette aide financière proposée par l’État pour la rénovation thermique des logements est basée sur des calculs de coût au m2, le reste à charge des bénéficiaires des aides risque d’augmenter.

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Devez-vous repousser votre projet ?

Selon Nicola Pomilio, un seul de ses prospects a remis ses plans à plus tard au cours des précédentes semaines. Tous les autres ont continué à aller de l’avant d’autant plus que de nouvelles hausses sont attendues dans les prochaines semaines.

S’il est toujours possible de négocier le devis, la manœuvre est difficile. Dans un secteur où la marge moyenne des entreprises dépasse rarement les 3 à 5%, des hausses de prix de se répercutent sur les prix. Il n’y a pas de visibilité sur la sortie de cette situation. Les entreprises sont tributaires de la demande des autres pays, en Europe, en Chine ou aux États-Unis. Elles ne connaissent pas non plus les délais nécessaires pour restructurer les filières et reconstituer des stocks. Il est donc impossible de vous conseiller de différer vos projets. Notamment car il n’y a aucune certitude que les prix retrouveront leur niveau pré-Covid.

Faut-il attendre avant de se lancer ? A chacun de prendre son pari. Du côté de la FFB, on pointe un autre nuage à l’horizon : une éventuelle remontée des taux d’intérêt. Plusieurs courtiers s’interrogent d’ailleurs, ces dernières semaines, sur une hausse des taux immo à l’automne, aujourd’hui au plus bas.